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Citations de JH FABRE

 


- « Que conclure de cette extraordinaire persistance chez le Cérambyx, le Rhynchite et bien d’autres ? Simplement ceci : nos vérités sont provisoires : battues en brèche par les vérités de demain, elles s’embroussaillent de tant de faits contradictoires que le dernier mot du savoir est le doute. » S.E VII, 10

- « Cette chimie, à début désastreux, oui, je l’apprendrai. Et comment cela ? En l’enseignant. Je ne conseillerai jamais cette méthode à personne. Heureux celui que guident la parole et l’exemple d’un maître ! Il a devant lui voie de parcours aisé, aplanie, toute droite. L’autre suit un sentier rocailleux, où fréquemment le pas bronche : il s’engage à tâtons dans l’inconnu et s’égare. Pour être remis en bon chemin, si l’insuccès ne le décourage pas, il ne peut compter que sur la persévérance, unique boussole des déshérités. Tel a été mon lot. Je me suis instruit en instruisant les autres, en leur transmettant le peu de grain mûri dans la maigre lande que défrichait, au jour le jour, mon soc persévérant ». S.E X, 21

- « Pourquoi tant de régularité dans la courbure des pétales d’une fleur, tant d’élégance dans les ciselures des élytres d’un scarabée ? Telle grâce, jusque dans les détails les plus infimes, est-elle compatible avec les brutalités des forces livrées à leurs propres violences ? Autant vaudrait rapporter l’exquis médaillon buriné par un artiste au marteau-pilon qui fait suer à la fonte ses scories. Voilà bien des considérations élevées au sujet d’un misérable rouleau d’où doivent naître des chenilles. C’est inévitable. Dès qu’on veut creuser un peu le moindre détail des choses, se dresse un pourquoi auquel ne peut répondre l’investigation scientifique. L’énigme du monde a certainement son explication ailleurs que dans les petites vérités de nos laboratoires. Mais laissons Micromégas philosopher, et revenons au terre à terre de l’observation. » S.E VI, 18

- « J’ai soumis à l’aréopage l’oeuvre du Scarabée et une oeuvre géométrique de mes doigts qui, sous le même volume, représentait la sphère surmontée d’un court cylindre. Les prenant chacun à part, comme à confesse, afin que l’opinion de l’un n’influât pas sur l’opinion de l’autre, je leur ai montré à l’improviste les deux joujoux, leur demandant quel était, à leur avis, le plus joli. Ils étaient cinq, tous ont opiné pour la poire du Scarabée. Cette unanimité m’a frappé. Le fruste petit paysan qui ne sait pas encore se moucher a déjà quelque sentiment de la gracieuseté des formes. Il y a pour lui un beau, il y a pour lui un laid. En serait-il de même du Scarabée ? Nul, en pleine connaissance de cause, n’oserait dire oui ; nul non plus n’oserait dire non. C’est une question insoluble, l’unique juge ici ne pouvant être consulté. Après tout, la réponse pourrait bien être d’une extrême simplicité. Que sait la fleur de sa superbe corolle ? Que sait la neige de ses exquises étoiles à six rayons ? Comme la fleur et la neige, le Scarabée pourrait bien ignorer le beau, pourtant son oeuvre. Il y a du beau partout, à la condition expresse qu’il y ait un oeil apte à le reconnaître. Cet oeil de l’intellect, cet oeil appréciateur de la correction des formes, est-il, dans une certaine mesure, l’apanage de la bête ? Si l’idéal du beau pour le crapaud est incontestablement la crapaude, en dehors de l’attrait irrésistible des sexes y a-t-il réellement un beau pour l’animal ? Envisagé de façon générale, qu’est-ce que le beau, en effet ? C’est l’ordre. Qu’est-ce que l’ordre ? C’est l’harmonie dans l’ensemble. Qu’est-ce que l’harmonie ? - C’est... Mais tenons-nous-en là. » S.E V, 2

 
 

 
 
 
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